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Le coaching peut-il se prévaloir d’un corpus de connaissances scientifiques, de fondations et/ou de méthodes incontestables ?

Entre professionnels, reconnaissons-le, en coaching tout est discutable et ce sont plus les habiletés pratiques complétant un large panel de connaissances et de vécus qui en font un art.
Notre hypothèse ou présupposé est que l’Homme a toutes les ressources, que le client coaché est celui qui en sait le plus et que prêter attention à sa singularité est source de progrès. Pour nous cela est un mythe, une chimère, desquels se nourrissent certains coachs. Il est nécessaire de dénoncer cette imposture mentale qui confine l’intervenant à reconnaître son ignorance au service du coaché. Coachs et managers, serions-nous des personnes à ce point désincarnées ? Maintenir philosophiquement cette posture est être usurpateur. Les meilleurs coachs ont une vie professionnelle avant, un vécu de réussites et d’échecs. Ils ont travaillé pour devenir professionnels et artistes. Le monde de l’entreprise ne se prive pas de nous rappeler que trop de « coachs en herbe » tuent le coaching.
Alors faut-il contester tout ce qui a été dit ci-avant ? Non, car le coaching par le silence est un outil et, au-delà, un art en perpétuel renouvellement et apprentissage pour le praticien. Selon nos pratiques, il est un art qui donne forme et beauté à l’usage des techniques, méthodes et outils du coach professionnel, encore plus complet, car dans ces moments de silence, tout s’y passe hors verbalisation et c’est de ce formidable professionnalisme artistique que naîtra le changement.
L’art du silence, c’est de penser et d’anticiper la forme, de reconnaître que ce que je venais de dire n’a déjà plus d’existence, y est éphémère. Nous laissons, dans cet espace-temps, la confusion apporter une nouvelle inspiration, une idée surprenante, insoupçonnée ... c’est créer.
Cette créativité réside dans la découverte de quelque chose qui n’existait pas auparavant et qui potentiellement transforme la vision du monde et ne sera plus identique dans l’instant qui suit.
A la demande de l’entreprise de coacher un salarié pour « performer », pour être plus en conformité aux attendus, plus efficace dans ses résultats, le coach qui prendrait la demande comme « objet » répondrait à une demande objective. Il peut, par le travail dans les recoins du silence, la convertir en signification et sens pour le coaché, comme s’il jouait sur un autre clavier de piano une partition harmonieuse attendue et non énoncée par le commanditaire.
Un juste mot pour un coaching de performance serait de « panser l’action », puis « penser le sujet ». C’est aussi cela que le coach artiste, accordeur de projet du coaché, vit et fait vivre sur et dans le travail du silence. Et c’est bien dans cet art majeur que l’usage du silence s’inscrit.
Le silence est donc l’art de l’écoute du cœur, de la vitalité du coaché.
Il voit plus qu’il ne devine ses intentions jusqu’ici inconscientes. Lorsque le sens peut se dire, le silence peut s’effacer ; le silence est le point zéro duquel naît la parole.
A contrario, il est le point final de la parole qui se ressent vaine et inutile.
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Être attentif à tous les silences, pour le coach, c’est un peu regarder au-dessus de l’épaule de l’artiste ce qui se met en place ou l’inspirer.
Comme le dit J. Campbell : « Les artistes sont des passeurs de magie ... ils nous relient au moi profond ... ils aident sur le parcours héroïque de nos propres vies. ».

Extrait de l’ouvrage « Apologie du silence », A l’usage des managers, RH et coachs en entreprises, Editions Publibook, 2016, de Richard RONDEL § Cyrille DESTRIBOIS.