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Le Codéveloppement :

Mode, prestation innovante ou nouvel outil de développement des compétences ?

par Odile THIVILLIER et Michel BRE

Le Codéveloppement professionnel et managérial est une méthode conçue dans les années 1980 et importée dans les années 2000, par deux Canadiens de Montréal : Claude Champagne et Adrien Payette.

Plus qu’une méthode, on peut parler de révolution pédagogique et culturelle puisque l'on ne se forme plus à partir d'un savoir qui descend, mais à partir de la confrontation bienveillante avec ses pairs.

Pour décrire la méthode on peut parler de séance d’échanges et d’analyses de situations professionnelles vécues, séance durant laquelle un participant « le client » apporte son « cas » et les autres participants « les consultants », par leur questionnement objectif puis leurs retours plus subjectifs, amènent le client à reconsidérer son cas et à le traduire en « agir » puis en apprentissages. L’animateur jouant le rôle de garant de la méthode, de l’écoute, régule, facilite les échanges et fait émerger les apprentissages.

Quels sont les apports du Codéveloppement ?

  • Sur le plan professionnel : développe la pratique réflexive par rapport à son vécu professionnel, se situe dans le champ de l’analyse, favorise la prise de recul, s’enrichit d’une approche multi référentielle, place chacun dans une dynamique de professionnalisation,
  • Sur le plan humain : évite de porter des jugements, de donner des conseils, apporte de la sérénité, rompt l’isolement ou le sentiment de solitude, apporte une certaine réassurance,
  • Sur le plan de la posture : favorise la recherche de la compréhension avant l’action, place en position méta, permet d’accepter sa « non-toute-puissance »,
  • Sur le plan relationnel : prise de conscience d’appartenir à un groupe en mouvement, pose la confiance en préalable.

Une approche qui rend acteur et développe l’intelligence collective

La posture de coach dans les bilans de compétences

Par Bertrand Kauffmann & Jean-Louis Vincent

Le bilan de compétence, un peu comme le bilan comptable, est le résultat, le solde entre « débit et crédit »
Débit : je possède les compétences
Crédit : j’ai envie de ……….faire autre chose, QUELQUE CHOSE
On tire alors un solde :
Le résultat est sans appel :

  • Oui je peux le faire
  • Oui, je peux le faire, mais avec une formation
  • Non, finalement je suis bien comme je suis,  je viens de le VALIDER, et je pense peut-être le faire autrement, ou autre part …..

Cette introspection, complète, professionnelle, est rendue possible par un jeu, entre autres choses, de questionnements, par des outils, des tests, et un bon meneur.
C’est un réel plus d’avoir une approche de coach en transition professionnelle et bilan de compétences.
C’est là l’art de la maïeutique.
Mettre en place dans le travail d’accompagnement/coaching/médiation, selon qu’il peut se nommer, une posture permettant de :

  • établir un espace de travail où règnent confidentialité, respect et confiance.
  • respecter l’interlocuteur par l’acceptation de son parcours, de ce qu’il échange ou ne veut pas échanger, de ce qui fait ce qu’il est, au moment du travail mené.
  • être suffisamment attentif aux propos et attitudes de son interlocuteur pour attraper « au vol » des signifiés sur lesquels il pourrait être intéressant de travailler.
  • proposer des points de réflexion, mais ne pas les imposer.
  • suggérer des investigations systématiques dès qu’une réflexion ou situation s’y prête.
  • générer des conflits cognitifs en relation avec l’objectif à atteindre.
  • refuser la notion de conseil.
  • refuser toute manipulation ou incitation de choix, mais permettre à l’interlocuteur de choisir en fonction de son parcours, de ses singularités, de ses capacités ou volontés d’investissement dans un projet.
  • éviter l’autocensure de la part du consultant quant aux questions restant naturellement liées au travail mis en œuvre et qui pourraient lui apparaître statistiquement inopérantes.

Et de rendre possible l’émergence, le DECLIC, qui fait que le bénéficiaire du Bilan SAIT !!

C’est la réunion de ces techniques et de cette posture particulière qui fait du bilan un formidable outil de repositionnement professionnel, voire…social.



Palo Alto, une Utopie pour ingénieurs de l’âme

par Michel BRE

Coach référent – Jury de certification et responsable du Codéveloppement au CNC


L’école de Palo-Alto a profondément influencé le coaching en France. De nombreux termes utilisés dans cette discipline y ont été forgés : méta-communication, position basse, double contrainte, niveaux logiques, feed-back, recadrage…
L’École n’était cependant pas une institution. Sous son appellation : des chercheurs venus de la psychologie, de l’anthropologie, de la psychiatrie. Ils se sont peu à peu établis autour de Palo-Alto sur la côte californienne et de Philadelphie, au tournant des années 1960. Ils se connaissent. Ils connaissent les travaux des uns et des autres. Éventuellement, ils travaillent ensemble
Une conviction les rassemble : la culture a sélectionné au cours du temps des ensembles de comportements verbaux et non verbaux qui rendent la communication possible. Mais plus importantes que la signification des messages eux-mêmes, des règles de communication déterminent les échanges entre les individus. En interaction constante, les individus, insérés dans celles-ci, ne peuvent donc pas ne pas communiquer, pour reprendre la célèbre expression.
Cette idée provient des travaux en balistique de Nobert Wiener sur le contrôle, commande, pour lequel communication et contrôle sont indissociables et qu’il a popularisé sous le terme de rétroaction.
Comment expliquer cette filiation, entre balistique et psychologie ? Beaucoup ont insisté sur le retentissement que l’idée de rétroaction eut dans les sciences humaines, tandis que les modèles dominants étaient linéaires (de type émetteur-récepteur ou stimulus-réponse).
Mais je voudrais avancer ici une autre hypothèse et ouvrir un débat. À partir des années 1945-1950, les progrès des calculateurs puis des ordinateurs  qui leur ont succédé ont donné le sentiment que la Machine s'incorporait peu à peu à l’une des propriétés  qui était jusqu’alors le propre de l’homme : l’anticipation. Les ordinateurs permettaient d’anticiper la trajectoire de l’avion ennemi en dépit de sa vitesse de vol.
Sur cette base, certains des plus grands esprits de tous les temps : Turing, Von Neuman, Wiener ont théorisé la possibilité d’une machine intelligente, qui fonctionnerait en tous points comme le cerveau. C’est précisément, selon Turing, ce qui la rendrait intelligente.
Survenant après les monstruosités de la Seconde Guerre mondiale, l’homme était désormais détrôné du lieu imaginaire de l’intelligence d’où il se distinguait de l’Univers. La Machine intelligente était au seuil de le remplacer dans la conduite du Monde.
Il n’en fallut pas plus pour que d’autres, faisant fi de toute précaution scientifique, imaginent une sorte d’homo cybernaticus, un modèle de l’esprit humain calqué sur le fonctionnement de la Machine. Bateson par exemple. Se saisissant de concepts vaguement compris empruntés à Bertrand Russel ou à Norbert Wiener, il décide que la psyché n’avait plus court et seuls comptaient désormais quelques « niveaux logiques » ou  boucles de rétroaction.
Doit-on rappeler que Wiener s’est opposé aux demandes de Bateson d’appliquer ses concepts aux sciences humaines en raison de l’impossibilité  d’une transposition
(Cybernétics or Control and Communication in the Animal and the Machine. 1965) ? Doit-on rappeler la profonde humilité de Von Neumann lorsqu’il rapprochait le fonctionnement de la machine de celui cerveau( The General and Logical Theory of Automata – 1951) ?
Mais l’époque était à l’utopie techniciste. En quelques clics, dirait-on aujourd’hui, on passait de la performance technologique à l’explication de la psyché. Il était convenu qu’un modèle de fonctionnement circulaire de l’information expliquait nos émotions (Pragmatics of Human Communication- 1967, Watzlawicks, Beavin, Jackson).
Pourquoi alors ces utopies survécurent-elles au point d’influencer durablement nos représentations du coaching ? Parce qu’il n’y a qu’un pas de l’idéalisation de  la Machine au taylorisme. L’école de Palo Alto a offert aux idéologues du taylorisme un renouvellement idéologique sans précédent. S’il n’y a pas de différence entre l’intelligence de la Machine et celle de l’homme comme le pensaient les pères fondateurs de l’informatique et de la cybernétique, alors l’homme peut indifféremment être remplacé par cette dernière ou en être son serviteur.

Novembre-décembre 2015

Le CNC :

Un espace d’échanges et de rencontres centré sur le coaching professionnel

Un espace d’échanges et de rencontres centré sur le coaching professionnel : c’est ainsi que se présente le nouveau site du Cercle National du Coaching ! Le Cercle National du Coaching est une association qui rassemble des coachs et des professionnels de l’accompagnement individuel et collectif. Sa finalité est de contribuer à la professionnalisation des acteurs dans un contexte sociétal marqué par l’audience accrue dont bénéficient aujourd’hui les pratiques d’accompagnement. Au sein du CNC se rencontrent non seulement des coachs confirmés et débutants mais aussi des spécialistes de la validation des acquis de l’expérience (VAE) et de la reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle (RAEP). Dans une perspective pluridisciplinaire et transdisciplinaire, chacun vient y trouver les ingrédients nécessaires à un plus grand professionnalisme nourri par le débat et la mutualisation des savoirs et des expériences.
Même si les pratiques de coaching sont apparues dans un contexte de transformation des situations de travail, il convient de ne pas les réduire à une fonction d’adaptation aux logiques de production et à des contextes organisationnels générateurs de stress. Ce serait en gommer toute une part qui justifie aujourd’hui leur déploiement, à savoir la possibilité donnée aux acteurs de se ressaisir du sens de leur trajectoire personnelle et professionnelle.
La procédure de certification que propose le CNC garantit aux clients le professionnalisme des intervenants ainsi que la dimension éthique des pratiques. Rappelons que le CNC est une des rares associations (si ce n’est la seule) à proposer un degré de certification aux professionnels qui disposent d’une expérience de terrain significative mais qui débutent en tant que coach. Bonne visite sur ce site qui vous proposera au fil du temps une nouvelle vision des pratiques de coaching en France et ailleurs !

Christophe VANDERNOTTE – Coach référent – Président du Comité scientifique du CNC

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